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Les indices reculent, les espoirs de paix rapide au Moyen-Orient aussi
information fournie par Zonebourse 03/06/2026 à 17:53

Alors qu'un accord-cadre avait été évoqué la semaine dernière, l'intensification des tirs entre Washington et Téhéran au cours des dernières heures assombrit les perspectives de résolution du conflit à court terme. Conséquence : le pétrole repart à la hausse, ravivant les tensions inflationnistes et pesant sur l'appétit pour le risque des investisseurs. Au gong final, Paris cède 0,71%, à 8 150 points, devant Francfort (-1,28%) et derrière Londres (-0,33%).

Guerre ou paix ? Le mouvement de yo-yo se poursuit au Moyen-Orient. Si les observateurs continuent d'espérer une issue diplomatique, la dégradation récente de la situation sécuritaire complique les perspectives de règlement à court terme.

Par ailleurs, les déclarations du président américain affirmant que l'Iran serait sur le point d'accepter l'ouverture de négociations avec Washington ont été démenties par l'agence iranienne Tasnim, réputée proche du régime. "Téhéran n'a fourni aucune réponse aux Etats-Unis concernant le projet d'accord proposé ces derniers jours et a suspendu les échanges", a précisé l'agence au cours de l'après-midi.

Hausse du pétrole et "tech-flation" au menu

Dans ce contexte, les cours du pétrole repartent nettement à la hausse, avec un Brent en progression de 2,4%, à 98,1 dollars le baril, et un WTI en hausse de 1,4%, à 95,9 dollars, un mouvement qui soutient les pétrolières à l'instar de TotalEnergies ( 1,21%), Eni ( 1,34%), Shell ( 1,64%), bp ( 1,84%) ou encore Equinor ( 1,91%).

Les prix sont également soutenus par la forte contraction des stocks américains, qui ont reculé de 8 millions de barils pour atteindre 433,7 millions de barils, alors que les analystes tablaient sur un repli de seulement 4 millions.

Quoi qu'il en soit, même si le détroit d'Ormuz était rouvert demain, "il faudrait compter près de trois mois pour que les flux maritimes retrouvent leur niveau normal, puis trois mois supplémentaires pour rétablir pleinement les capacités de production", soulignait ce mercredi Frédéric Ducrozet, directeur de la recherche macroéconomique chez Pictet Wealth Management.

Ce décalage technique implique que les tensions sur les marchés de l'énergie pourraient perdurer plusieurs mois, même en cas d'amélioration rapide de la situation géopolitique.

Inflation : le débat sur les taux refait surface

Chez Danske Bank, on estime que la fermeture partielle du détroit d'Ormuz et la flambée des prix de l'énergie devraient principalement ralentir la croissance mondiale tout en alimentant une remontée temporaire de l'inflation. La banque anticipe un impact plus marqué en Europe qu'aux Etats-Unis, où les investissements liés à l'intelligence artificielle continuent de soutenir l'activité.

Chez Pictet Asset Management, Christopher Dembik rappelle que l'environnement actuel aussi marqué par la "tech-flation", une dynamique dans laquelle les investissements massifs dans l'intelligence artificielle exercent temporairement une pression haussière sur les prix, compliquant la tâche des banques centrales.

A ce titre, les marchés ont d'ores et déjà "pricé" une hausse des taux de la BCE en juin, au regard des dernières données qui témoignent d'une hausse des risques inflationnistes par rapport aux projections de mars.

"La hausse des taux en juin servirait donc principalement à préserver la crédibilité de la BCE en matière de lutte contre l'inflation et à ancrer les anticipations", souffle Martin Wolburg, économiste senior chez Generali Investments. Selon lui," la présidente Lagarde voudra probablement laisser la porte ouverte à un nouveau resserrement si nécessaire."

Chez Pictet, on considère en revanche qu'une telle stratégie relèverait davantage d'un réflexe hérité du choc inflationniste de 2022 que d'une nécessité macroéconomique actuelle. La banque estime qu'un nouveau durcissement monétaire risquerait ainsi de pénaliser inutilement le crédit et le financement des PME européennes

Une activité économique qui reste fragile

Les dernières enquêtes d'activité publiées aujourd'hui témoignent d'ailleurs d'un ralentissement économique persistant.

En France, l'activité du secteur privé des services s'est contractée en mai à son rythme le plus marqué depuis cinq ans et demi : l'indice PMI définitif des services, publié par S&P Global et HCOB, est ressorti à 44,3 points, contre 46,5 en avril.

La situation est aussi fragile dans la zone euro avec un indice PMI composite HCOB passé de 48,8 à 48,5 points entre avril et mai, restant sous le seuil des 50 points qui sépare expansion et contraction de l'activité. Cette évolution signale ainsi une baisse de l'activité économique, au rythme le plus soutenu depuis un an et demi.

Par ailleurs, entre mars et avril, les prix à la production industrielle (PPI) ont augmenté de 0,6% dans la zone euro et de 0,7% dans l'Union européenne, selon les premières estimations d'Eurostat, après une hausse de respectivement 3,4% et 3,1% en mars.

Outre-Atlantique, l'expansion du secteur privé américain a légèrement ralenti le mois dernier. L'indice PMI composite de S&P Global est ressorti à 51,5 points, contre 51,7 en avril, dans un contexte de progression modérée des nouvelles commandes.

Le cabinet ADP indique par ailleurs que le secteur privé américain a créé 122 000 emplois le mois dernier, un chiffre proche des attentes des économistes, qui tablaient en moyenne sur 117 000 créations.

Enfin, l'indice ISM des services a enregistré une accélération nettement supérieure aux attentes. Il est passé de 53,6 à 54,5 points, alors que les analystes anticipaient seulement 53,7 points. L'indicateur reste ainsi en territoire d'expansion pour le 23e mois consécutif.

Les valeurs en mouvement

L'indice parisien est notamment pénalisé aujourd'hui par le recul de Stellantis et Renault, qui ont abandonné respectivement 4,04% et 2,71%.

A l'inverse, Valeo a bondi de 18,39% au sein de l'indice SBF 120, porté par le relèvement de l'objectif de cours de Jefferies, qui passe de 10,6 à 13,2 euros. Le courtier estime que le potentiel de croissance lié aux activités de gestion thermique et énergétique destinées aux systèmes de stockage d'énergie (BESS) et aux centres de données gagne en crédibilité et pourrait soutenir une nouvelle revalorisation du titre.

Toujours à Paris, Veolia et Air Liquide ont signé les meilleures performances du jour, s'adjugeant respectivement 2,22 et 1,90%.

Ailleurs en Europe, Inditex, maison mère de Zara, a gagné 2,28% après avoir fait part d'une croissance de ses ventes de 11,5% entre le 1er mai et le 1er juin malgré un environnement difficile.

Partner Groupe a abandonné 16,33% après avoir annoncé limiter les retraits de son fonds Global Value SICAV de 8,6 Mds à hauteur de 5%. Cette décision fait suite à l'augmentation des demandes de rachat qui auraient atteint 9,8% au deuxième trimestre.

Enfin, Clas Ohlson a souffert (-4,9%) après la publication de ses résultats du quatrième trimestre. Le résultat d'exploitation s'établit à 180 MSEK contre un consensus de 193 MSEK soit 6,7% en dessous des prévisions. La marge opérationnelle a elle aussi reculé à 6,9% contre 7,4% attendus.

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